La gestion des réfugiés et communautés hôtes préoccupe

L’appropriation des outils nécessaires à l’opérationnalisation de la Lettre de Politique de Développement en faveur de cette catégorie de personnes, était au cœur d’un atelier organisé le 19 juin 2018 à Yaoundé. 

Le Cameroun, signataire des conventions internationales relatives aux réfugiés, accueille sur son territoire de nombreuses personnes déplacées. Les statistiques du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) font état de 350 934 réfugiés présents sur le sol camerounais au 30 avril 2018. Malgré le choix des autorités camerounaises de subvenir aux besoins immédiats de ces populations déplacées, avec le soutien des organisations humanitaires, d’énormes difficultés demeurent face aux ressources naturelles et services publics limités. 

C’est pour répondre à ces défis que le gouvernement camerounais a élaboré en août 2017, avec l’appui du HCR et de la Banque mondiale, sa Lettre de Politique de Développement à l’égard des réfugiés et communautés d’accueil. Un atelier d’appropriation des outils de son opérationnalisation par les parties prenantes (gouvernement et partenaires au développement), s’est tenu le 19 juin 2018 à Yaoundé, sous la présidence du Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, en présence de la Directrice des Opérations de la Banque mondiale au Cameroun, Elisabeth HUYBENS et du Haut-Commissaire adjoint du HCR au Cameroun, George William OKOTH OBBO. 

En ouvrant les travaux de cet atelier, Alamine OUSMANE MEY a rappelé que l’objectif de cet instrument est de mieux structurer les appuis de l’Etat en faveur des réfugiés et communautés hôtes. Il s’appuie notamment sur la préparation d’une stratégie de gestion à moyen terme des réfugiés, la facilitation de l’accès aux services sociaux de base et l’amélioration de la sécurité juridique des réfugiés. Des axes qui découlent de la stratégie pour le Relèvement et la Consolidation de la Paix (RCP) élaborée par les pouvoirs publics, en synergie avec les Nations Unies, l’Union Européenne et la Banque mondiale.  

Pour le MINEPAT, l’opérationnalisation de cette lettre passe par la mise en place d’un cadre institutionnel adéquat et efficace permettant d’assurer une bonne coordination des actions. Quatre projets déjà existant ont ainsi été retenus, à savoir le Programme National de Développement Participatif, le projet filets sociaux, le projet de renforcement de la performance du système de santé et le projet d’appui à la réforme de l’éducation. Il s’agit d’étendre la couverture géographique de ces projets aux Communes affectées par l’afflux des réfugiés, de fournir un ensemble de services intégrés ( éducation, santé, résilience économique), de mettre un accent sur les questions de genre, de la petite enfance et d’intégrer la réponse au niveau des Collectivités Territoriales Décentralisée, par la prise en compte des besoins supplémentaires liés à la présence des réfugiés dans les plans communaux de développement des localités concernées. 

A en croire Elisabeth HUYBENS, « cette approche répond aux besoins complexes des réfugiés et de leurs communautés d’accueil et propose des solutions intégrées et multisectorielles ». C’est ce qui justifie la forte appréciation de la Banque mondiale, qui a décidé en mai 2018, d’accorder via le guichet spécial IDA 18 nouvellement mis en place, la somme de 130 millions de dollars US, soit environ 72,4 milliards de FCFA pour soutenir les efforts du gouvernement camerounais en faveur des réfugiés et communautés hôtes, faisant ainsi du Cameroun le premier pays au monde à accéder à ce guichet dédié aux réfugiés et personnes déplacées.