Les deux parties l’ont exprimé ce 03 mars 2026 à Yaoundé, au cours de l’audience que le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine OUSMANE MEY, a accordée à Raouf MAZOU, Haut-Commissaire assistant chargé des Opérations au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), avec rang de Sous-Secrétaire général des Nations Unies.
Au-delà de l’urgence humanitaire, les échanges ont mis en lumière un enjeu structurel majeur : Celui de pouvoir transformer la présence des réfugiés et des déplacés internes en opportunité de croissance et de cohésion sociale. Le Cameroun accueille en effet l’une des plus importantes populations de réfugiés en Afrique centrale, avec plus de 400 000 personnes, ainsi que près d’un million de déplacés internes au 30 novembre 2025.
Selon le Ministre Alamine OUSMANE MEY, et Raouf MAZOU il est aujourd’hui important de trouver les mécanismes susceptibles de favoriser une participation active des réfugiés à la vie économique locale. Il s’agit notamment de valoriser leurs compétences, de faciliter leur accès au marché du travail et de créer les conditions d’un entrepreneuriat inclusif capable de dynamiser les économies régionales. L’objectif est clair : passer d’une logique d’assistance à une logique d’intégration productive et durable.
Un autre point qui a particulièrement retenu l’attention, c’est identité légale des personnes déplacées et les réfugiés. Selon le MINEPAT, disposer d’une identité légale, c’est permettre à un individu de devenir sujet de droit, d’accéder aux services sociaux de base, de bénéficier d’une protection contre les abus et de contribuer formellement à l’économie locale. La documentation apparaît ainsi comme un impératif stratégique, condition préalable à l’inclusion économique et à la rupture du cycle de dépendance humanitaire.
Présent au Cameroun depuis les années 1960, avec une intensification de ses interventions à partir des crises tchadiennes des années 1980, le HCR demeure un partenaire stratégique du Gouvernement en matière de protection juridique, d’assistance humanitaire et de recherche des solutions durables. À travers sa Stratégie de Transition 2022-2026, l’organisation entend accélérer le passage de l’assistance à l’autonomisation, en intégrant progressivement les réfugiés dans les systèmes nationaux d’éducation et de santé, tout en facilitant leur accès à la documentation civile afin de renforcer leur inclusion économique.
Pour Raouf Mazou, l’ensemble de ces actions vise avant tout à redonner espoir aux personnes déracinées et à leur offrir les moyens de reconstruire leur vie avec dignité.