La Feuille de route nationale pour l’économie circulaire du Cameroun pour la période 2025-2035 a été officiellement lancée à Yaoundé, lors d’une cérémonie présidée par Jean Tchoffo, Secrétaire Général du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), représentant du Ministre Alamine Ousmane Mey. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’engagement du Cameroun en faveur d’un modèle de développement plus durable, fondé sur la valorisation des ressources, la création d’emplois verts et la résilience climatique.
Structurée autour de 32 objectifs, 102 actions et quatre secteurs prioritaires dont l’agro-industrie, la gestion des déchets, la production plastique, ainsi que la filière forêt et bois, cette feuille de route vise à accompagner la transition du Cameroun vers une économie plus compétitive, plus sobre en ressources et davantage respectueuse de l’environnement. La cérémonie de lancement officiel de ce nouvel instrument a réuni des représentants de l’administration publique, du secteur privé, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Prenant la parole au nom du MINEPAT, Jean Tchoffo a souligné que cette stratégie s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), ainsi que dans les ambitions portées par le Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, en faveur d’une transformation structurelle de l’économie nationale. Il a précisé que cet instrument vise à développer de nouvelles chaînes de valeur, à promouvoir l’innovation industrielle, à renforcer la gestion durable des ressources naturelles et à stimuler la création d’emplois verts, notamment au profit des jeunes et des femmes.
Le Secrétaire général du MINEPAT a également rappelé que l’adoption de cette feuille de route est l’aboutissement d’un processus engagé depuis octobre 2024, avec l’appui de la Banque Africaine de Développement, dans le cadre de la Facilité Africaine pour l’Economie Circulaire. Le Cameroun fait ainsi partie des cinq pays pilotes africains engagés dans cette initiative continentale destinée à accélérer la transition vers des modèles économiques plus durables.
L’officialisation de cette stratégie intervient dans un contexte marqué par d’importants défis environnementaux. Chaque année, le Cameroun génère près de 6 millions de tonnes de déchets, dont moins de 10 % sont recyclés. Le pays produit également environ 1 300 tonnes de plastique par jour, enregistre d’importantes pertes post-récoltes estimées à 4,5 millions de tonnes par an, et continue de faire face à une pression croissante sur ses ressources forestières.
Face à ces enjeux, la feuille de route prévoit plusieurs axes d’intervention prioritaires. Il s’agit notamment d’optimiser les processus de production grâce à une meilleure valorisation des matières premières, de renforcer les systèmes de collecte et de traitement des déchets, de structurer les filières de recyclage, de stimuler les investissements dans les secteurs à fort potentiel circulaire et de contribuer aux engagements climatiques du Cameroun en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
À travers cette nouvelle stratégie, le Cameroun affirme sa volonté de bâtir un modèle de développement fondé sur l’économie verte, la transformation locale des ressources et la compétitivité écologique.
