Face à la persistance des Soldes Engagés Non Décaissés (SEND’S) et aux difficultés de mobilisation des Fonds de contrepartie, le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine OUSMANE MEY, a prescrit une série de mesures destinées à améliorer la performance de l’investissement public. Des orientations ont été données le 29 juin 2026 à Yaoundé, au cours de la première session du Comité de Direction du MINEPAT.
Les travaux étaient adossés sur deux communications techniques portant sur des enjeux majeurs de l’investissement public. La première, présentée par le Directeur Général de la Coopération et de l’Intégration Régionale, était consacrée à la problématique des Soldes Engagés Non Décaissés (SEND’S), tandis que la seconde, exposée par le Directeur Général de l’Économie et de la Programmation des Investissements Publics, portait sur la mobilisation efficace des Fonds de contrepartie.
Présentant la situation des SEND’S, le Directeur Général de la Coopération et de l’Intégration Régionale a indiqué qu’à fin avril 2026, leur encours atteignait 4 787,6 milliards de FCFA, soit près du tiers de la dette publique du Cameroun. Sur ce montant, 2 637,2 milliards de FCFA sont considérés comme non performants. Selon Mohamadou Lawal, cette situation résulte principalement de l’insuffisante maturation des projets, de la faible mobilisation des fonds de contrepartie et des lenteurs des procédures de passation des marchés. Ces contraintes limitent la capacité d’absorption des financements extérieurs et affectent la trésorerie de l’État, le financement de l’économie, la croissance, ainsi que l’accès des populations aux services sociaux essentiels. Un ensemble de mesures a été proposé afin d’accélérer la réduction des SEND’S.
Au sujet des Fonds de contrepartie, le Directeur Général de l’Économie et de la Programmation des Investissements Publics a rappelé qu’ils constituent un levier déterminant pour la bonne exécution des projets financés avec les partenaires techniques et financiers. « Lorsque les fonds de contrepartie sont mobilisés efficacement, ceux-ci permettent, par leurs effets de levier, de transformer un engagement financier extérieur en un processus de création de valeur publique », a souligné Arnault Christian EMINI. Malgré les progrès enregistrés, notamment avec la mise en place du Basket Fund, il a relevé que la sousbudgétisation de ces ressources et les lenteurs administratives continuent de pénaliser la performance du portefeuille de coopération. Plusieurs pistes d’amélioration ont été proposées pour garantir une mobilisation plus efficace de ces financements.
Au terme des échanges, le Ministre de l’Économie a insisté sur la nécessité d’apporter des réponses structurelles à ces deux problématiques étroitement liées. Il a prescrit l’engagement d’une démarche concertée réunissant l’ensemble des administrations impliquées dans la gouvernance des projets d’investissement public afin d’apporter une réponse globale aux difficultés liées aux SEND’S et aux Fonds de contrepartie. Il a également instruit ses collaborateurs de veiller à une budgétisation suffisante des Fonds de contrepartie dans le Budget de l’État pour l’exercice 2027, tout en œuvrant au relèvement des ressources consacrées à l’investissement public.
Avant la présentation de ces deux exposés, le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire est revenu dans son propos introductif, sur des faits marquants ayant rythmé l’action du département ministériel au cours des derniers mois. Il a notamment évoqué l’évaluation à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), la participation du MINEPAT au Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO) et à Promote 2026, ainsi que la mission interministérielle conduite dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord pour le suivi des projets du Plan intégré d’Import-Substitution agropastoral et halieutique.
Le Ministre a également insisté sur les enjeux stratégiques des deux grandes opérations statistiques actuellement en cours, à savoir le quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) et le Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE). Il a invité l’ensemble des responsables du Ministère à poursuivre leur mobilisation afin d’assurer le plein succès de ces opérations essentielles à l’élaboration des politiques publiques fondées sur des données fiables.
Les membres du Comité ont par ailleurs examiné l’état de mise en œuvre des recommandations formulées lors des précédentes sessions. Sur les 82 recommandations adoptées depuis 2024, 52 ont été entièrement exécutées, soit un taux de réalisation de 63,41 %. Parmi les principales avancées figurent le lancement de la phase pilote de l’Initiative CAFI au Cameroun ainsi que la création d’un Comité interministériel chargé de la structuration des Sukuk souverains.