Le Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, a reçu ce 17 septembre 2026 dans son cabinet, une délégation du Fonds Monétaire International (FMI), conduite par Christine Dieterich, en mission d’évaluation au Cameroun. Les échanges ont porté sur la situation macroéconomique du Cameroun, la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), ainsi que sur les leviers à mobiliser pour accélérer la croissance et renforcer l’efficacité de l’investissement public.
Au cours de la rencontre, le Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) a, dans son propos liminaire, fait le point sur la situation macroéconomique du Cameroun. A ce sujet, le Ministre Alamine Ousmane Mey a relevé que l’économie camerounaise a fait preuve de résilience dans un environnement international marqué par la succession de chocs exogènes et les tensions géopolitiques. Cette résilience s’est notamment traduite par une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 3,5 % en 2025, dans un contexte de décrue progressive de l’inflation. Le déficit budgétaire a, pour sa part, été contenu autour de 2 % à fin décembre 2025, tandis que la dette publique s’est établie à 44 %, inférieure au seuil stratégique de 50 % et au taux communautaire de 70 %.
Sur le plan extérieur, si le volume du déficit de la balance commerciale est resté stable, sa composition structurelle s’est améliorée. Les échanges ont permis de relever une progression des importations d’équipements et une diversification des exportations hors pétrole. Cette dynamique intervient alors que le secteur extractif connaît une contraction depuis plusieurs années, renforçant la nécessité de consolider les contributions des secteurs secondaire et tertiaire à la croissance.
Tout en relevant les acquis enregistrés, l’évaluation à mi-parcours de la SND30 fait ressortir des marges de progression, notamment en matière d’alignement des ressources publiques sur les priorités de la Stratégie. Le MINEPAT a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la résilience pour accélérer la transformation structurelle de l’économie camerounaise. « La résilience n’est pas un objectif en soi, c’est un point de départ », a-t-il martelé. Pour Alamine Ousmane Mey, il faut actionner les leviers qui permettront de créer plus de richesses, plus d’emplois, plus de valeur ajoutée.
A cet égard, le Gouvernement entend renforcer les allocations consacrées aux investissements publics structurants, tout en améliorant la maturation des projets et l’efficacité de la dépense publique. La gestion rigoureuse de la dette publique et des restes à payer constitue également un axe important de cette démarche.
Le Ministre de l’Economie a, par ailleurs, évoqué l’accélération de la mise en œuvre de la politique d’import-substitution, impulsée par le Chef de l’État, Paul Biya, comme levier de développement de la production locale, de réduction de la dépendance aux importations et de renforcement de la compétitivité du secteur privé.
A la sortie de l’audience, la Cheffe de mission du FMI a salué la convergence de vues entre le FMI et les autorités camerounaises sur les principaux enjeux de politique économique. Christine Dieterich a également souligné le contexte économique international marqué par des contraintes croissantes d’accès aux financements. Pour la responsable de l’institution de Bretton Woods, la préservation de la stabilité macroéconomique doit s’accompagner d’une amélioration de l’efficacité de la dépense d’investissement. Le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, notamment fiscales et douanières, apparaît comme un levier essentiel pour élargir l’espace budgétaire. Cette mobilisation doit notamment permettre de soutenir le financement des infrastructures prioritaires, particulièrement dans les secteurs de l’électricité et des transports, ainsi que des services sociaux de base, pour une croissance plus forte, créatrice d’emplois et susceptible de réduire la pauvreté, d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Rappelons que la mission conduite par Christine Dieterich s’inscrit dans le cadre des consultations régulières du Fonds Monétaire International avec ses États membres, au titre de l’article IV de ses statuts. Prévue pour une durée de deux semaines, elle vise à permettre aux experts du FMI d’approfondir leur appréciation de la situation économique et financière du Cameroun. A cet effet, la mission prévoit des séances de travail avec les principales administrations camerounaises, afin d’établir à terme une analyse actualisée de la situation macroéconomique et budgétaire, d’identifier les principaux risques et vulnérabilités auxquels l’économie pourrait être exposée, et d’examiner les perspectives économiques du pays à court et moyen terme.