Le Ministre délégué auprès du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, chargé de la Planification, Paul Tasong, et l’Ambassadeur, Chef de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun, Veronika Bošković Pohar, ont co-présidé l’atelier de restitution de l’évaluation finale du Programme Mesures d’Accompagnement aux pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), fournisseurs de bananes (MAB), volet Cameroun. C’était en présence du Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, ainsi que des représentants des administrations publiques, des collectivités territoriales décentralisées, du secteur privé et des partenaires au développement.
Après plus de dix ans de mise en œuvre, l’évaluation du programme MAB, conduite par le consortium PROMAN selon les critères de l’OCDE-CAD et les standards de la Commission européenne, affiche un bilan satisfaisant.
Avec près de 48,2 millions d’euros, soit environ 31,606 milliards de FCFA, mobilisés par l’Union européenne sur la période 2013-2024, 2 533 000 tonnes de bananes ont été exportées, et la valeur des exportations est passée de 2 400 à 3 252 milliards de FCFA, soit une hausse de 35,5 %. Sur le plan de l’emploi, Plantations du Haut Penja (PHP) a créé 1 703 emplois directs supplémentaires (+31 %), avec une progression de 66 % de l’emploi féminin, tandis que Boh Plantations Limited (BPL) a généré 250 emplois directs et plus de 1 000 emplois indirects. L’évaluation relève par ailleurs le renforcement du rôle de l’Association bananière du Cameroun (ASSOBACAM) et l’intérêt du mécanisme d’exonérations fiscales mis en place dans le cadre du programme. Les financements européens ont notamment permis l’extension et la modernisation des plantations, l’amélioration de l’irrigation et des techniques de production, la création et la modernisation des stations de conditionnement, ainsi que l’aménagement des pistes et des infrastructures énergétiques.
L’évaluation révèle par ailleurs que la mise en œuvre du MAB n’a pas été un long fleuve tranquille. La crise dans les régions anglophones du Cameroun a affecté certaines zones de production et fait chuter les volumes exportés, tandis que la pandémie de Covid-19 est venue perturber les chaînes d’approvisionnement et retarder l’importation d’équipements nécessaires à la modernisation des installations. Ces deux chocs majeurs n’ont toutefois pas freiné l’engagement des parties prenantes : autorités camerounaises, opérateurs économiques, équipes techniques et partenaires ont conjugué leurs efforts pour conduire le programme à son terme, avec à la clé une amélioration tangible des conditions de travail, de santé et de bien-être des employés et de leurs familles.
Présidant la cérémonie, le Ministre délégué auprès du MINEPAT, Paul Tasong, a inscrit cette évaluation dans une dynamique plus large, traduisant la vitalité de l’heureux partenariat économique et commercial entre le Cameroun et l’Union européenne. Il a rappelé que cet accompagnement de l’UE, sous forme de don, à travers le Programme MAB, a fait du pays le premier bénéficiaire de cet appui au niveau mondial.
Pour l’Union européenne, il s’agissait avant tout de mesurer le chemin parcouru et de tirer les enseignements des difficultés traversées pour préparer l’avenir. Car selon l’Ambassadrice, Cheffe de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun, Veronika Bošković Pohar, « investir dans les bananes, c’est d’abord investir dans les personnes ».
Au nom du Gouvernement, le Mindel a salué la contribution de ce partenariat au développement du Cameroun et a souligné l’importance stratégique de la filière banane, à la fois comme un levier macroéconomique majeur pour les exportations et un pilier fondamental de la sécurité alimentaire nationale.
La prochaine étape devrait privilégier une logique d’investissement structurant, notamment à travers les instruments européens Global Gateway et NDICI-Global Europe. Les priorités portent sur les infrastructures logistiques et énergétiques, avec notamment l’étude d’un quai bananier à Limbé, le raccordement électrique des plantations de BPL et l’amélioration des corridors routiers du Sud-Ouest et du Moungo vers Douala.
La diversification des marchés et l’anticipation des nouvelles exigences européennes en matière de déforestation et d’empreinte carbone constituent également des enjeux majeurs. Le développement de la traçabilité numérique, la mobilisation de la finance climatique et la recherche de financements multi-pays figurent parmi les pistes identifiées.
Le MAB s’inscrit dans le cadre du Protocole banane ACP-UE. Il visait à accompagner la filière banane camerounaise dans sa transition vers un marché libéralisé, à la suite de l’Accord de Genève de 2009 et de l’entrée en vigueur progressive des Accords de partenariat économique (APE). Structuré autour de sept axes, le MAB a visé à soutenir la modernisation des infrastructures de production, le renforcement des capacités organisationnelles et de recherche, l’amélioration de la logistique et de l’accès aux marchés, ainsi que la réduction des charges non productives des acteurs de la filière banane au Cameroun. Ses principaux bénéficiaires : PHP, Cameroon Development Corporation (CDC) et BPL, aux côtés de l’ASSOBACAM et du Centre africain de recherches sur bananiers et plantains (CARBAP).