C’était au cours d’un séminaire de dissémination coprésidé le 22 septembre 2026 à Yaoundé par le Ministre Délégué auprès du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, chargé de la Planification, Paul TASONG, représentant le Ministre de l’Économie, Gouverneur du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) pour le Cameroun, et le Directeur Général du Bureau régional de l’institution panafricaine, Dr Léandre BASSOLE, en présence du Gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui.
Placé sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement dans un monde fragmenté », la rencontre a permis de présenter les rapports 2026 sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique centrale et sur la situation économique du Cameroun, et d’examiner la mise en œuvre du Document de Stratégie Pays 2023-2028 et les perspectives de renforcement de l’impact des interventions de la Banque au Cameroun.
De la présentation desdits documents, il ressort que l’économie camerounaise conserve une dynamique de croissance soutenue principalement par les activités non pétrolières, malgré un contexte international difficile. Les perspectives présentées lors de la rencontre situent la croissance économique du pays en 2026 dans une fourchette comprise entre 3,3 % et 4,0 %, selon les différentes institutions de référence. Cette dynamique repose notamment sur l’agriculture, l’agro-industrie, les télécommunications et les industries manufacturières, alors que la production des hydrocarbures poursuit son recul. Les rapports de la BAD mettent toutefois en évidence les contraintes auxquelles le pays demeure confronté, notamment en matière de financement du développement et de soutenabilité budgétaire. L’encours de la dette publique est estimé à 15 416 milliards de FCFA à fin mars 2026, soit environ 44,3 % du PIB. Le service de la dette représente, selon les données présentées, près de 40,1 % des recettes fiscales, tandis que le budget 2026 fait apparaître un besoin de financement supérieur à 3 100 milliards de FCFA.
Au plan régional, les données présentées par la BAD indiquent que la croissance économique dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) s’est établie à 2,6 % en 2025, tandis que le revenu par habitant a enregistré un recul de 0,1 %. Cette dynamique demeure insuffisante pour soutenir la création d’emplois et accélérer la réduction de la pauvreté. La région reste par ailleurs confrontée à des contraintes budgétaires liées notamment à la baisse des recettes pétrolières, à l’importance de la dette publique et à la réduction des marges de manœuvre budgétaires. L’inflation a toutefois renoué avec un niveau inférieur au seuil communautaire de convergence de 3 %, malgré la persistance de certains risques à la hausse.
Face à ces défis, le Groupe de la BAD met l’accent sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique, l’accélération de la transformation locale des matières premières et l’amélioration de l’environnement des affaires.
Ces orientations rejoignent les priorités de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), notamment en matière de transformation structurelle de l’économie, de développement du secteur privé, de valorisation des ressources nationales et d’amélioration de l’efficacité de l’investissement public.
Au-delà de la présentation des perspectives économiques, les travaux étaient également une occasion d’apprécier les résultats enregistrés dans le cadre de la mise en œuvre du Document de Stratégie Pays (DSP) 2023-2028 de la BAD au Cameroun, d’identifier les contraintes rencontrées dans l’exécution des projets et d’examiner les ajustements nécessaires pour renforcer leur impact sur la transformation structurelle de l’économie nationale.
Le DSP 2023-2028 vise notamment à accélérer la transformation structurelle de l’économie camerounaise, afin de réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs et aux effets du changement climatique. La stratégie couvre quatre principaux domaines d’intervention : l’agro-industrie, les transports, le développement des compétences et la gouvernance économique. Elle accorde également une attention particulière au développement du secteur privé, à l’emploi des jeunes et des femmes et à l’adaptation aux changements climatiques.
Le Ministre Délégué auprès du MINEPAT, Paul TASONG, a dans son discours d’ouverture du séminaire, souligné l’importance de cette revue dans l’amélioration de l’efficacité et de l’impact des interventions de la BAD. Il a indiqué que l’exercice devait permettre de mesurer avec rigueur les résultats obtenus, d’identifier les contraintes qui affectent encore la mise en œuvre des projets et de dégager les mesures susceptibles d’en renforcer les performances.
Dans un environnement international marqué par des crises économiques successives, des tensions géopolitiques et une raréfaction des financements concessionnels, le MINDEL a insisté sur la nécessité d’une gestion stratégique et efficiente des ressources mobilisées. L’enjeu, a-t-il relevé, est désormais de veiller à ce que les financements engagés se traduisent par des résultats concrets et mesurables, en cohérence avec les priorités nationales de transformation économique et de réduction de la pauvreté.