Du 28 au 29 avril 2026 à Yaoundé, le segment technique et politique de la revue annuelle du partenariat entre le Cameroun et l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) s’est tenu sous la présidence du Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), Alamine Ousmane Mey, en présence des partenaires techniques et financiers, des administrations sectorielles ainsi que de plusieurs bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Cette rencontre a permis d’évaluer les progrès accomplis en 2025 et d’examiner les perspectives d’accélération des réformes engagées dans le cadre de ce partenariat stratégique en faveur du développement durable.
Au cœur des échanges figurait l’ambition commune de rendre les chaînes de valeur agricoles, forestières et minières plus inclusives, compétitives et exemptes de déforestation, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) et la Contribution Déterminée au niveau National de troisième génération (CDN 3.0). À travers 33 jalons structurants, les parties prenantes ont mis en lumière des avancées importantes en matière de gestion durable des terres, de préservation des ressources naturelles et d’alignement des politiques publiques avec les engagements climatiques du Cameroun.
Avec plus de 22 millions d’hectares de forêts couvrant près de 47 % de son territoire, le Cameroun dispose du deuxième plus important massif forestier du Bassin du Congo. Sous l’impulsion du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, le pays poursuit une trajectoire ambitieuse conciliant émergence économique à l’horizon 2035 et préservation de son patrimoine naturel. C’est dans cette dynamique qu’en octobre 2024, à Hambourg, le Gouvernement du Cameroun et CAFI ont signé une Lettre d’Intention historique prévoyant la mobilisation de 2,5 milliards de dollars américains d’ici 2035, soit l’engagement financier le plus important jamais consenti par cette initiative à un pays partenaire.
Lors de la présentation de l’état d’avancement du partenariat, Leslie Ouarzazi, Cheffe adjointe du Secrétariat technique de CAFI, a salué la performance du Cameroun dès la phase de démarrage. Alors qu’un objectif initial de 60 millions de dollars sur trois ans avait été fixé, 130 millions de dollars ont déjà été mobilisés, auxquels s’ajoutent des cofinancements du secteur privé et d’autres partenaires internationaux. Elle a également relevé les progrès enregistrés dans le domaine de l’action climatique, notamment la finalisation de la Contribution Déterminée au niveau National et la validation du plan climat national. Autant d’avancées qui renforcent les perspectives de résultats concrets dans les secteurs de l’agriculture durable et de l’aménagement du territoire.
Deuxième contributeur majeur de CAFI avec une enveloppe de 500 millions de dollars, l’Allemagne a salué la mobilisation exceptionnelle des acteurs camerounais. Philipp Knill, Directeur Afrique du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), a mis en avant l’engagement coordonné du Gouvernement, des administrations sectorielles, du secteur privé et des Collectivités territoriales décentralisées. De son côté, l’Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, S.E. Christian Sedat, a souligné le leadership du Cameroun tout en encourageant la poursuite des efforts en matière d’agriculture durable, de gestion forestière et de planification territoriale.
Prenant la parole, le Ministre Alamine Ousmane Mey a rappelé que cette revue annuelle répond à une double exigence : accélérer le développement socio-économique du Cameroun tout en garantissant la protection de sa biodiversité, conformément à la Vision 2035 du Chef de l’État, mise en œuvre à travers la SND30. Il a souligné le caractère structurant de ce partenariat, qui positionne déjà le Cameroun comme une référence au sein de CAFI. Une reconnaissance partagée par les partenaires, qui appellent néanmoins à renforcer davantage la cohérence des données, la coordination interinstitutionnelle ainsi que les actions de lutte contre la déforestation et la dégradation des terres.
Lancée en 2015, l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale constitue aujourd’hui un levier stratégique majeur pour les pays du Bassin du Congo. En combinant dialogue politique de haut niveau et financements basés sur les résultats, elle accompagne les États dans la mise en œuvre de réformes structurantes en matière de gestion durable des terres, d’agriculture et de transition écologique. À travers cette revue annuelle 2026, le Cameroun et ses partenaires réaffirment ainsi leur engagement à bâtir un modèle de développement résilient, inclusif et respectueux de l’environnement, au bénéfice des générations présentes et futures.
